Yuri, un dramaturge d'exception s'est livré !

Nous avons rencontré Yuri, un dramaturge de marque qui nous a fait l’honneur de répondre à quelques questions ! Nous vous suggérons de découvrir son univers à travers cette petite interview ! Vous pouvez aussi parcourir son site web juste ici.
 

Quelle est votre activité et comment avez-vous découvert ce métier ?

Je suis dramaturge et spécialisé en théâtre action. Mon métier actuel est la direction artistique d’une compagnie de théâtre action. Concrètement je mène des ateliers de théâtre avec un public fragilisé ou éloigné de la culture. Ensemble, on crée des pièces. Souvent j’écris ou je participe à l’écriture de celles-ci. 

Comment vous-êtes vous retrouvé au Labo ?

Je cherchais à développer des activités, des stages sous d’autres formes. J’avais dans l’idée de changer du format habituel de l’atelier hebdomadaire pendant toute une année. Pour accomplir cela, il me fallait des locaux et notre compagnie est située à Andenne mais les locaux y sont très chers et difficiles d’accès. J’ai donc cherché sur Namur et comme je collaborais déjà avec le CRC pour un autre groupe de travail, l’occasion s’est débloquée. C’est comme ça que j’ai commencé au Labo !

Quelle opportunité représente le Labo pour vous ?

Il y en a trois ! Tout d’abord, c’est un local de répétition et ça, c’est précieux parce que très souvent, avoir accès à un lieu de répétition et de résidence pour le travail scénique, c’est ce qui nous troue un budget. Ici, j’ai un grand plateau qui résonne un peu mais ça, je vais y mettre un terme à un moment donné ! Cet espace permet de parfois faire bouger et mobiliser plusieurs acteur.ice.s. 

Il y aussi l’opportunité de proposer des stages et de développer des partenariats artistiques locaux parce que je peux désormais accueillir des gens et faire des recherches au plateau. C’est ce travail là qui est difficile à trouver sans locaux. 

Enfin, c’est également l’occasion de sortir de chez moi. Je me retrouve d’un coup dans un cadre professionnel autre que mon bureau qui est aussi mon lieu de stockage et d’étude… Au Labo, j’ai un espace qui est principalement dédié au théâtre et dans lequel je m’investis.

A gauche, c'est la photo de yuri. Il porte des lunettes rondes, un pull à capuche et a des cheveux ondulés. A droite, c'est l'illustration qui représente la photo. Elle est en noir et blanc sur un fond ligné jaune et blanc.

Pouvez-vous nous raconter commet se déroule votre processus de création ?

Non. (rires) C’est très difficile car ça va dépendre des gens que je rencontre. En général, lorsque je crée au sein d’un atelier, donc avec des publics qui ne sont pas forcément des artistes professionnel.le.s, la base est de créer une dynamique de groupe. On va faire des cercles de paroles, boire un verre ensemble, prendre un café, on va échanger beaucoup, parler de tout et de rien. J’amène plein de thématiques et je vois où ça mord. J'essaie de comprendre ce qui peut à un moment donner fédérer le groupe. En même temps, on fait des petits exercices théâtraux pour décoincer le corps et on travaille divers moyens de paroles. Il y a la parole conversationnelle de communication telle qu’on l’entretient maintenant puis si d’un coup, je me lève et vous, vous restez assis.es, on va être dans quelque chose qui est plus de l’ordre de l’exposé. Il y a la parole que l’on prépare et celle plus spontanée. On expérimente un peu tous ces différents cadres et on voit vers quoi le groupe veut aller.

Lorsque je travaille avec des artistes professionnel.le.s, iels ont souvent déjà une méthode et la mienne, étant celle d’un dramaturge est l’une des dernières qui vient. J’ai d’abord besoin de savoir comment eux se mettent en position de création et je les accompagne alors là-dedans. Il y a des artistes qui s’échauffent, d’autres pas. Certain.e.s font des vocalises tandis que d’autres n’en font pas. Il y a aussi celleux qui font un travail à table très long et celleux qui vont au plateau et font leurs recherches directement sur place. En règle générale, je cherche une forme de « révélation ». 

Il y a quelque chose de très technique dans le travail d’écriture d’une pièce. On sait qu’il faut des conflits, des objectifs… et là, ça se débloque très rapidement ! Avant cela, il nous faut un propos dont on est sur.e que c’est le bon et dont on est certain.e qu’il est politique. A mon sens, il n’y a de bon théâtre que quand il est politique et qu’il va concerner les gens car concrètement, on montre un contenu à des personnes qui sont spectatrices mais viennent voir du réel. Elles ne vont pas au cinéma pour avoir une histoire, elles viennent voir des acteur.ice.s qui se débattent avec quelque chose. A tout moment, ça peut merder, il peut se passer quelque chose. Rien n’est enregistré donc on ne sait pas recommencer et voilà tout l’intérêt du théâtre. Le but est de trouver ce qui doit se passer et de parvenir à ce que ce soit suffisamment porteur pour que les comédien.ne.s aient envie de rester dessus assez longtemps pour continuer à chercher même si iels connaissent la réponse. 

Il faut aussi que ça passionne suffisamment le public pour qu’il oublie que c’est préparé et répété. Tant que je n’ai pas ces éléments là, je ne cesse d’écrire dans le « vide » plein de choses pour faire vivre des personnages. Une fois que j’ai atteint ces objectifs, je coupe et je garde ce qui va faire lien avec ça. A un moment donné, quelque chose que j’ai écrit va faire écho dans l’équipe ou chez les gens. 

J’ai notamment travaillé sur un texte très social qui est resté dans les tiroirs pendant longtemps. Je le sortais ponctuellement pour le peaufiner, puis il disparaissait à nouveau. Un jour, il y a eu une campagne Amnesty contre l’agisme et ce texte rentrait en résonance avec ça. C’était donc le moment pour moi de le jouer. Paradoxalement, sur la même période culturelle qui a duré trois ans, soit le temps approximatif pour finaliser une création, il y a eu une multitude de spectacles racontant cette même histoire : quelqu’un enlève une personne d’un home pour l’emmener en voyage et s’en suit une aventure. J’en ai au moins quatre/cinq en tête. Socialement parlant, je ne sais pas exactement où ni à quel moment mais quelque chose s’est débloqué et le sujet a eu son importance. Du coup, plein d’artistes s’en sont saisi.e.s et cette histoire là est ressortie de mes cartons !

Quels sont vos trois incontournables dans votre atelier pour bien vous y sentir ?

Bonne question ! Je n’ai pas vraiment d’incontournables… Même le chauffage n’est pas primordial. C’est une des premières fois que j’ai ce confort dans mon atelier mais j’avais l’habitude de travailler dans des greniers qui n’étaient pas chauffés. Je travaille notamment dans la cave de l’Arsène Café qui est isolée mais dépourvue d’un radiateur. Si le café en haut est chauffé, la chaleur descend jusqu’à la cave, sinon, on a froid. Je fais aussi du théâtre de rue donc c’est un confort dont je sais me passer.

Je dirais que mon premier incontournable, ce sont les gens. Aujourd’hui, c’est particulier car je suis seul mais d’ordinaire, je travaille en groupe. Je ne sais pas faire du théâtre en solitaire, il me faut des collègues et plus que ça, il me faut des ami.e.s. J’ai besoin de gens avec qui je peux développer une confiance, une forme d’intimité dans la relation sinon je bloque. 

Mon deuxième essentiel, c’est mon tapis de yoga et ma corde à sauter dont je me sers pour travailler la mémoire. C’est quelque chose que j’ai du mal à mettre en place quand je suis chez moi à l’inverse de l’écriture que je peux pratiquer en toutes conditions, dans le train… Mais une fois que je passe en théâtre, que je dois travailler ma mémoire ou que je suis en recherche en plateau, j’ai besoin d’être physiquement, corporellement investi et je le fais par de petits exercices corporels d’assouplissements, de respiration... 

Je suis en train d’inventer un genre de bureau portatif pour pouvoir avoir avec moi une petite table d’écriture, mon petit baffle et quelques bouquins qui formeraient une petite bibliothèque . J’espère qu'il s'agira sera prochainement d'un incontournable mais pour le moment, c’est encore à l’état de rêve... 

Publié le 20 Novembre 2023 par
Tête de 3/4
Illustration de profil de moi, j'ai des cheveux longs et des piercings au nez

Tu vas kiffer aussi

il s'agit d'une illustration en noir et blanc représentant le visage d'une femme, Lutanda. Elle est sur un fond rayé jaune et blanc.

Lutanda, une artiste du Labo Astrid

On y voit un visage, celui de Félix, un artiste. C'est une illustration en noir et blanc sur fond rayé jaune et blanc.

Félix, un super artiste du Labo Astrid !

illustration d'une main qui ecrit les lettres "a b c d " à la plume, avec des décorations style enluminure autour

Retour dans le temps à la Société Archéologique de Namur

C'est une illustration signée Louie Dole en noir et blanc sur fond blanc et jaune qui représente Carine en train de sourire; Elle regarde droit face à l'objectif. Elle a des cheveux blonds et des yeux clairs.

Carine, une artiste peintre du Labo Astrid !

C'est une illustration en noir et blanc sur fond rayé jaune et blanc de Catherine. Elle porte un t-shirt rayé et manipule une plante. Elle a le regard porté vers la gauche et elle porte des lunettes. Elle a des cheveux courts foncés.

Jamu, une artiste fantastique du Labo !

C'est le visage de Mei illustré en noir et blanc sur un fond jaune et blanc. Elle pose sa tête contre sas main et regarde légèrement vers sa gauche. Elle a une expression sérieuse et quelques taches de rousseur. ses cheveux tombent, ils sont lachés.

Mei, la tatoueuse du Labo Astrid nous parle de son projet !

C'est le visage de Marie-Aude illustré en noir et blanc sur un fond jaune et blanc. Elle regarde droit devant elle et se bouche la bouche avec son index. Elle a les cheveux attachés derrière elle.

Marie-Aude, une artiste pluridisciplinaire du Labo Astrid !

Les 4 membres du groupe "Glauque" sont illustrés en noir et blanc sur un décor ligné jaune et blanc. Deux d'entre eux sont assis sur un canapé tandis que l'un est par terre. Le quatrième est assis sur le dossier du canapé.

Glauque, un groupe de musique à découvrir !

C'est une illustration en noir et blanc de Stan

Stan, un super occupant du Labo Astrid !

Illustration de mains qui dessinent des traits qui se transforment en partitions de musique. Le bâtiment du Delta est aussi représenté entre ces lignes. Il est écrit "Spotlight" au centre.

Spotlight : l'expo qui illumine le Delta !

Logo du The Extraordinary Film Festival

TEFF | Lettre d'amour à un festival d'utilité publique

DPleyel

Croqués par DAVELY | Le Duo Pleyel au Grand Manège

GCabay

Croqués par DAVELY | Le chanteur GUY CABAY à la Maison de la poésie