Chronique et photos par Carine Pires

Vendredi 31 mai, Namur. En retard, pour changer. Remonter la rue Notre-Dame d’un pas pressé, direction le Chaudron : Muriel d’Ailleurs y chante ce soir. Soudain, la démarche ralentit. Le concert a commencé. Le chant de Muriel se diffuse dans l’air pré-estival et impose le respect. Pas difficile de trouver le Chaudron avec cette voix comme fil d’Ariane. La porte est grande ouverte, on la franchit sur la pointe des pieds, les membres de l’équipe nous ménagent aussitôt une place plus que royale : voilà, on peut savourer. De la saveur, elle en a à revendre, Muriel d’Ailleurs. Commençons, puisqu’il faut bien commencer par quelque chose, par sa voix. Une voix riche, puissante, capable d’inspirer un paquet d’émotions et de filer la chair de poule au premier caillou venu. Une voix qui donne juste envie de se taire et d’écouter – c’est ce qu’on a tou-te-s fait d’ailleurs, malgré la porte ouverte, malgré les passants, malgré les quelques voitures.
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Du swing, du jazz, de la chanson française
Comme son pseudo l’indique, Muriel nous emporte Ailleurs, dans son monde notamment nourri de swing, de jazz manouche et de chanson française, habité de compositions personnelles, de mots choisis avec soin et d’observations (im)pertinentes. Mais Muriel a aussi plein de petites et grandes choses d’Ici : une jolie pointe d’accent namurois, malicieusement modulée, et un humour ravageur, pour ne citer qu’eux. Les chansons se succèdent, on voudrait que ça ne s’arrête pas, en tout cas pas trop tôt, pas tout de suite. On commande des boissons à voix basse, on essaye de ne pas trop déranger, la qualité d’écoute est belle. Entre deux morceaux, un couple de cyclistes se lève, s’excuse mille fois, se justifie, ils passaient par là, ils se sont arrêtés en entendant la musique, ils aimeraient tant rester mais ils doivent partir, ils ne sont pas équipés pour rouler de nuit, mais vraiment, vraiment, que c’était beau et surtout, surtout, il faut continuer... Pas d’autres départs, plusieurs arrivées : en fin de concert, l’audience a doublé. Dernière chanson, tonnerre d’applaudissements, demande de rappel soutenue et sincère. Muriel offre une dernière chanson, « La foule », et puis il faut bien que ça se termine.
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Le concert fini, regarder enfin autour de soi et découvrir le Chaudron, local des Jeunes Organisés Combatifs. C’est fête, il y a des dépliants féministes, un carré de clitoris en tissu, une bibliothèque, une donnerie, etc. Un lieu enthousiasmant et... bouillonnant, comme ils disent. Que dire de plus ? Juste remercier les JOC pour l’organisation de ce concert et Muriel pour sa magie d’Ailleurs, simple et belle.
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