KINGKONG, sur le toit du TRAKK

Chronique / Reportage / Interview : Cassi Henaff

Mais si, vous l’avez déjà entendu. kingkong, c’est ce magazine dédié aux cultures créatives que certain·e.s connaissent sous sa forme papier. A l’époque, on y retrouvait des articles de fond, bien ficelés, toujours pointilleux (presque de niches) et complètement déroutants tant les sujets étaient innovants. Chance pour nous, la version 100% digitale lancée mi-octobre tient les mêmes promesses avec ce petit twist d’accessibilité que j’ai particulièrement affectionné. 

15h, je reçois l’invitation d’un ami à venir assister au lancement de la soirée du magazine kingkong au TRAKK. 15h04, j’hésite. C’est vrai que pour y avoir passé pas mal de temps à l’époque, j’ai l’impression que je vais rencontrer pour la 150ème fois le même microcosme namurois, les mêmes têtes connues, la même ambiance un peu froide d’un lieu qui fait des économies de chauffage. 15h25, je m’inscris. Au final, je ne prends pas beaucoup de risques si ce n’est au moins de boire une petite coupe de bulles gratos. 19h30, je suis accueillie par un énorme gorille. Tout de mauve et de rose vêtus, le King Kong de 1933 (ou de 2005 pour la génération Y) orne l’entrée du lieu. J’entre. Et là, c’est la bonne surprise. Je (re)découvre un espace chaleureux, animé, bondé de visages souriants, qui discutent “création” autour de frites de légumes qui changent des paquets de chips qu’on pouvait retrouver sur les tables hautes autrefois. Parmi cette douce émulsion, je repère les deux “Julie”, comme on les appelle dans le milieu. Les deux femmes porteuses de ce projet gèrent leurs émotions bien différemment :  si l’une est excitée comme un coucou, l’autre fait preuve d’un calme olympien. Et c’est sûrement ce duo de choc qui rend kingkong différent des autres. 

Descendre dans l’arène 

Julie (celle qui court partout) nous prévient : nos fesses vont prendre cher. Toutes celles et ceux qui ont déjà assisté à une conférence au TRAKK le savent : l’arène, cet espace au centre du bâtiment n’est pas des plus confortables. Mais mes fesses s’en fichent complètement parce que le déroulé de la soirée me tente plutôt bien. Et puis l’horaire, s’il est respecté, est très correct. Une heure pour 3 interventions : mon booty s’en remettra.  

On commence par une petite remise en contexte. Le KIKK, c’est une ASBL qui en a sous le pied (ou sous le coude, je ne sais jamais). Elle s’intéresse de (très) près à l’émergence de nouvelles pratiques culturelles et artistiques qui naissent des évolutions technoscientifiques. Outch. Ca peut paraître compliqué mais comprenez simplement que c’est une structure super badass, audacieuse et avant-gardiste qui décloisonne les domaines de l’art, des sciences, de l’innovation et des technologies. Et concrètement, le KIKK porte le KIKK festival, le Pavillon (vous savez, à la citadelle, la structure qui perturbe), une partie du TRAKK, le Fablab, le Médialab et maintenant… kingkong. Ouais ouais, toussa. 

« Ciao » la version papier, « buongiorno » la version digitale

Bien que le magazine imprimé reste pour moi un très bel objet à consommer, c’est assez logiquement qu’il évolue vers un format numérique. D’abord, parce qu’il devient encore plus accessible, n’ayant plus de limites tangibles mais aussi parce qu’il convient qu’en 2022, l’on doit manifester un besoin tout du moins, une nécessité au mieux, d’une conscience écologique. Bah oui. Imprimer, c’est consommer du papier (bravo Sherlock). Mais on se calme de suite, je vous vois déjà monter sur vos grands chevaux. Oui, on le sait, l’IT est un domaine qui pollue énormément. Mais, il est encore possible aujourd’hui de développer, ce qu’on appelle, une sobriété numérique. Une association de low-tech et de high-tech qui permettrait de réduire la consommation de ressources abiotiques nécessaires à la production et à la consommation digitale. 

En d’autres termes, la plateforme kingkong-mag.com a été développée par MOJO, une agence de communication et de développement web à impact positif. Elle a pris le parti de proposer une version low carbon pour le site du magazine. Ça veut dire quoi concrètement ? Pendant que vous naviguez sur le média, il est possible, à tout moment, de switcher du mode normal au mode low carbon, grâce à un bouton qui se situe dans le menu. En low carbon, c’est le dark side qui refait surface (niark niark niark) : le site devient plus sombre, les photos se dévoilent en basse résolution, les animations ont quasi disparu et les contenus multimédia (vidéos, podcasts, etc.) ne sont pas lisibles. Le but : sensibiliser les lecteurs et lectrices à la consommation énergétique de nos appareils et montrer qu’il existe des alternatives. 

AlberK a parlé et mon coeur a vacillé 

J’entends encore Julie dire dans son micro « La mission que nous nous sommes fixée, c’est d’être des explorateur·rice·s passionné·e·s. Inspiré par l’art, la culture, le numérique et l’innovation, kingkong est un média, un porte-voix, qui promeut l’écriture enthousiaste et créative. Il croise les avis, raconte des histoires de vie, inspire ses lecteur·rice·s sur des sujets, des pratiques et des esthétiques. kingkong creuse et mêle les idées, propose des solutions, chamboule les perceptions, procure des frissons et offre une belle part de divertissements décalés et, la plupart du temps, intelligents. ». 

« Décalés et intelligents », c’est sans dire. 

Pour la troisième partie dans l’arène, mon derrière a encore un peu de réserve. On applaudit quand Julie annonce AlberK. Je vois ce gars, se lever et se placer derrière le pupitre. C’est marrant la touffe de cheveux qu’il a. Il est, comme mentionné 3 lignes plus haut : décalé. Sa voix m’interpelle, le contenu de ce qu’il présente aussi. Il commence par parler de musique, de DJ set. J’ai d’abord l’impression qu’il s’agit d’un mec qui mixe en soirée le TOP Hit 2022 Spotify. D’ailleurs, je ris un peu parce qu’il est perturbé par l’ordinateur qui se met constamment en veille. Bizarre qu’on présente, à la soirée de lancement d’un magazine qui promeut des thématiques numériques, un mec qui ne touche rien en informatique. Weird. 

Et puis, j’écoute, il continue de discourir, j’analyse et là, je m’émerveille. AlberK, c’est le genre de prodige qui te met une claque, plus forte que celle que le gorille pourrait t’entartrer s’il te croisait sur son île déserte. A 8 ans, il construisait sa propre radio et à 26 ans, il est chercheur, ingénieur, DJ, producteur, prof et… humble et accessible. Rien que ça. « Décalé et intelligent » j’ai dit. 

Il fait rire l’assemblée, impressionne l’assemblée, conquiert l’assemblée. L’objectif de ses projets : lier sa passion à savoir, la musique, avec son métier. “Si je suis là où j’en suis côté ingénieur, c’est grâce à la musique. Mon côté artistique me donne ma créativité pour essayer de trouver de nouvelles choses à inventer. Mon son qui est en train de se développer est complètement influencé par les nouvelles technologies. Je pense que tout est lié.” Puis là, il sort sa carte « intelligence artificielle » et la geek que je suis ne résiste pas. Bien ouej les Julie, j’ai eu mes frissons et je crois que je suis amoureuse. 

kingkong n’est plus un singe mais un phénix 

Aujourd’hui, renaître de ses cendres signifie que l’on sait rebondir, se remettre en question. Sans aucun doute, la version papier a vécu sa meilleure vie et orne encore ma bibliothèque au milieu de mes Médor et consort. Mais en 2022, kingkong frappe fort en proposant un contenu entièrement digital (et donc, en intégrant des productions multimédias comme des vidéos et des podcasts), accessible tant dans la forme que dans le contenu et continue de cibler des sujets intéressants et peu traités par ailleurs. 

Ma joue est rouge. Parce que j’y allais avec un gros a priori et qu’en fait, j’ai pris une bonne grosse baffe ce soir là. 

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