MESSE DES GLACES | Fafchamps
Einojuhani Rautavaara et Anna Thorvaldsdóttir côtoient une ambitieuse création chorale de Jean-Luc Fafchamps, inspirée par les voyages polaires et la fragilité des glaces.
“I fall / I fall / I fall to my knees and worship the eternal music.”
“Je tombe / je tombe / je tombe à genoux et vénère la musique éternelle.”
- Guðrún Eva Mínervudóttir, Ad Genua
Les paysages polaires sont faits de masses et de lumière. De grondements sourds et de silences immenses. L’être humain n’y est qu’un temporaire survivant. Car si la musique est éternelle, nous ne le sommes pas. Entre l’infini et nous ? Le fil fragile de nos voix qui, en vibrant, tentent de nous raccrocher à l’éternité. Comme l’eau, elles peuvent être solides, liquides ou volatiles (Mouyayoum de Hillborg).
Dans la Messe des Glaces, inspirée à Jean-Luc Fafchamps par des récits de traversées des pôles, chœur et soprano chantent les espaces infinis dont la blancheur brûle le regard. Elles voient passer les ours, les morses. Mais les trombones y font également résonner le chaos et les fractures de blocs énormes qui dérivent comme des cathédrales en ruines.
Car si la musique est éternelle, nous ne le sommes pas. Et les glaces ne le sont plus.